Après UBS, Credit Suisse modifie à son tour sa structure juridique à la lumière des changements réglementaires attendus. Le numéro deux bancaire helvétique va créer une société affiliée pour ses affaires comptabilisées en Suisse, mettant les fonctions décisives pour l'économie helvétique à l'abri d'une crise du groupe bancaire. La FINMA salue le plan d'urgence.
L'adaptation de la structure juridique vise à répondre aux exigences futures en terme de planification globale en prévision d'un assainissement ou d'une liquidation, explique Credit Suisse dans un communiqué publié jeudi. L'établissement souhaite également simplifier sa structure opérationnelle et gagner en efficacité.
A l'instar d'UBS et désormais de la Banque cantonale de Zurich, Credit Suisse est soumis à la réglementation spécifique des banques dites systémiques ou trop grandes pour faire faillite. La décision stratégique présentée jeudi correspond à une mise en conformité avec les règles helvétiques, mais aussi aux mesures régulatrices au niveau international.
Avec le lancement d'une entité helvétique, Credit Suisse opère une séparation des fonctions jugées d'importance systémique pour le pays. La filiale helvétique regroupera essentiellement les affaires de gestion de fortune, celles destinées aux entreprises et aux clients institutionnels et la banque de détail ainsi que le centre d'activités produit et vente en Suisse, également selon le communiqué.
L'Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FINMA), qui supervise en quelque sorte les travaux, devra toutefois donner le feu vert final. "Nous saluons toute mesure qui vise à faciliter un plan d'urgence", a indiqué à l'ats le porte-parole de la FINMA, Tobias Lux. Il n'est pas en mesure de donner une date pour l'approbation.
Depuis 2012, Credit Suisse réfléchit à un tel programme, qui intégrera les réglementations en Suisse (Ordonnance sur les banques et les caisses d'épargne), aux Etats-Unis et au Royaume-Uni. Les principaux éléments du programme, exigeant un énorme travail en amont, sont bien avancés et devraient être mis en place dès la mi-2015, indique la banque.
