Le consortium industriel Dii, créé en 2009 pour faire aboutir un projet pharaonique d'énergies vertes en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, réduit ses ambitions après la défection de nombreux partenaires. Le géant électrotechnique zurichois ABB examine quant à lui s'il poursuit la coopération.
Lors de leur réunion lundi à Rome, les actionnaires du consortium ont décidé de continuer Dii dans un format adapté et largement rétréci, explique mardi le consortium dans un communiqué. Selon l'AFP, des informations de presse avaient fait état ces derniers jours d'un abandon du projet.
Lancé dans l'enthousiasme en 2009, le chantier Desertec coordonné par Dii visait à créer d'ici à 40 ans un vaste réseau d'installations éoliennes et solaires en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. L'investissement était estimé à 400 milliards d'euros (483,4 milliards de francs).
Il s'agit désormais pour Dii de "fournir des services en priorité à ses actionnaires. C'est-à-dire de faciliter et soutenir des projets concrets d'activité au Moyen Orient et en Afrique du Nord", explique le consortium.
Partie prenante du projet, ABB examine si la collaboration avec Dii doit être poursuivie, a indiqué à l'ats un porte-parole du groupe. Il souligne qu'ABB a été un membre actif du consortium depuis sa création. "Notre position sur la vision de Dii n'a pas changé au fil des ans.."
Le groupe assure valoriser et soutenir le développement d'un marché de l'énergie solaire et éolienne en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Il est également en faveur de la connexion de cette région au marché européen de l'électricité.
"Le repositionnement du Dii n'a pas de conséquences directes pour ABB", selon le porte-parole. Il explique qu'il ne s'agissait pas d'une plate-forme pour des contrats, mais pour le développement à long terme de solutions technologiques et politiques.
Après la défection de nombre de ses initiateurs, comme Bosch, Siemens, Eon, Bilfinger et HSH Nordbank, Dii poursuivra avec le saoudien ACWA Power, l'allemand RWE et le chinois SGCC pour principaux actionnaires. "Environ 70 projets ont été mis en oeuvre ou sont en construction", assure le patron du consortium, Paul van Son.
"Durant ces cinq ans, Dii a contribué à mener des études fondamentales et à développer des stratégies spécifiques par pays. Cette phase est désormais terminée et nous nous adaptons aux nouveaux besoins", a-t-il poursuivi.
Initialement, Desertec ambitionnait de fournir à terme jusqu'à 20% de la consommation d'électricité en Europe, le reste étant destiné à la consommation locale.
