Si tous les horlogers affirment que la lisibilité de leurs montres à complication est leur priorité et évidente exigence, certains explorent des voies originales pour y répondre. Il y a, connues, celle des pièces réversibles (à un ou deux mouvements), celle des affichages digitaux, rétrogrades ou «à la demande», ou encore celle des cadrans séparés (un par fonction), ou alors rotatifs, kaléidoscopiques, à irisation, voire à double fonction (par poussoir dédié), qui dévoilent telle ou telle information, selon leur position et usage. Il y a enfin, bien plus rare, la quête d’une sorte d’épure absolue, abstraite, presque conceptuelle, mais dont les créateurs promettent qu’elle s’apprivoise à l’usage.
Exemple avec l’Anno d’Ochs und Junior. Signée Ludwig Oeschlin, par ailleurs maître horloger, restaurateur de génie, signataire notamment de très grandes complications astronomiques et aussi conservateur et directeur du MIH de La Chaux-de-Fonds, l’Anno est un quantième annuel, à différencier d’un quantième simple. L’un et l’autre affichent le jour, la date et le mois, mais l’annuel ne doit être corrigé qu’une fois par an (fin février) contre cinq pour le quantième simple (tous les mois en 28/29 ou 30.)
Hors les aiguilles des H/M (et S selon les modèles) et six fins index, l’Anno arbore 51 petits trous ronds qui se colorent grâce à des disques dissimulés sous le cadran, et qui sont organisés en trois cercles de respectivement 31 trous pour la date (se lit dans le sens horaire), 12 pour les mois (sens antihoraire) et 7 pour les jours (sens antihoraire). Quant aux deux trous à 12 h 01, ils pourvoient aux sept mois à 31 jours, leur point de couleur n’étant pas rond mais en forme de banane, pour qu’ils se colorent l’un après l’autre dans les nuits du 31 au 1er. Simple et épuré!
