La Réserve fédérale américaine (Fed) a décidé de limiter son aide à l'économie en réduisant "modestement" le montant de ses injections de liquidités, sur fond d'amélioration de la conjoncture dans le pays. Ses taux directeurs demeurent toutefois inchangés.
A l'issue de deux jours de réunion de son Comité monétaire (FOMC) à Washington, la Réserve fédérale (Fed) a indiqué qu'elle réduisait de 85 à 75 milliards de dollars le montant de ses rachats d'actifs mensuels, auxquels elle procède depuis janvier pour desserrer l'étau du crédit et soutenir l'activité.
A partir de janvier, la Banque achètera 40 milliards de bons du Trésor (contre 45 auparavant) et 35 milliards de titres adossés à des créances hypothécaires (contre 40 jusqu'à présent), a précisé le FOMC dans son communiqué, jugeant la réduction de son soutien "modeste".
Guettée avec fébrilité par les marchés accros à "l'argent facile", cette décision constitue une relative surprise pour une majorité d'économistes et d'analystes qui s'attendaient encore à un statu quo.
Comme prévu, la Fed a en revanche gardé ses taux directeurs proches de zéro, maintenant inchangé ce deuxième volet de sa politique monétaire ultra-accommodante engagée depuis fin 2008 afin de soutenir la reprise économique américaine.
A l'appui de sa décision, la Fed estime notamment que l'embellie récente du marché de l'emploi et de l'activité est "compatible" avec un "renforcement" des fondamentaux de l'économie du pays. "Les conditions sur le marché du travail ont montré de nouveaux signes d'amélioration", écrit notamment le Comité.
Le taux chômage américain est tombé en novembre à son plus bas niveau depuis cinq ans (7%) tandis que le produit intérieur brut a progressé de 3,6% en rythme annualisé au troisième trimestre, en nette accélération par rapport aux trois mois précédents.
La Fed précise toutefois qu'elle continuera à soutenir l'économie américaine par sa politique monétaire tant que le marché du travail ne s'améliorera pas de manière "importante", selon le communiqué du FOMC.
Elle précise également qu'elle pourrait décider de réduire davantage ses injections de liquidités "lors de futures réunions" si les prochaines données économiques confirmaient ses attentes d'une amélioration du marché du travail.
