Année internationale. Aux yeux des décideurs politiques du Sud et des donateurs du Nord, l’agriculture familiale considérée comme archaïque et peu efficace souffre souvent d’une image défavorable. C’est pour tordre le coup à ce préjugé tenace que l’Assemblée générale de l’ONU a désigné 2014 «année internationale de l’agriculture familiale» avec en sous-titre «nourrir le monde, soigner la planète». Environ 70% des aliments consommés sur la terre sont produits par une main-d’œuvre familiale qui organise la production agricole, forestière, halieutique, pastorale ou aquacole. José Antonio Osaba, coordinateur de ce programme des Nations Unies, estime que «la manière la plus efficace de vaincre la faim et la malnutrition est de produire les aliments plus près des consommateurs, mission exclusive de l’agriculture familiale, et non des investisseurs étrangers».
La paysannerie familiale va de pair avec l’agro-écologie qui respecte et valorise les écosystèmes. Elle s’oppose à l’agriculture productiviste mise en place lors des Trente Glorieuses de l’après-guerre. Cette période d’opulence pourrait, à bien des égards, être rétrospectivement considérée comme celle des «trente ravageuses», notamment en Afrique où la «révolution verte» a fortement contribué à la dégradation des sols, à l’érosion des terres et à une sévère diminution de la biodiversité. Pour que les millions de familles de paysans dans le monde vivent de l’agriculture, encore faut-il que les Etats leur garantissent un accès protégé à la terre, à l’eau et aux ressources naturelles. Ce qui est valable au Sud l’est aussi au Nord.
